Départ PLM 2026: DE L'ART DU DUO !


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Un DJ bien inspiré sur des pontons très fréquentés, du soleil à ne plus savoir comment se (dés)habiller, et à l’horizon 68 voiles joliment hissées… pour attendre un vent qui s’est fait un peu désirer ! Le départ de la douzième édition de la PLM 6.50, première course de l’année au départ de Lorient La Base, a été donné jeudi 9 avril à 12 h 48 – un petit retard dû aux conditions particulièrement légères sur la ligne, mais qui devraient rapidement se renforcer et promettre un bel affrontement pour les 136 marins engagés. Les premiers sont attendus d’ici 24 heures à l’issue des 192 milles du parcours. 

Naviguer en Mini 6.50, ces bateaux de course de taille certes réduite mais capables d’affoler les compteurs quand ils sont bien menés, est déjà en soi un exercice exigeant. Le faire à deux, sur des bolides aussi complexes que sensibles, après un hiver qui a légèrement rouillé les organismes, est une partition subtile où la technique seule ne suffit pas, et l’harmonie du binôme – impérativement mixte depuis 2023 sur la Plastimo Lorient Mini 6.50 - joue pour beaucoup dans le concerto final !

Alors avec qui partiriez-vous en mer pour un sprint tonique et engagé, à bord d’un fier esquif au volume intérieur équivalent à celui d’une Twingo ? Car ne vous fiez pas aux seules conditions du départ, où soleil et brise ténue ridaient à peine le plan d’eau lorientais. Pour les 68 duos engagés sur l’édition 2026 de la PLM 6.50, le vent va rapidement forcir, promettant une chevauchée aussi fraîche qu’intense à l’assaut des différentes marques de parcours : un tour de Groix d’abord, puis « Spineg », la Cardinale au large de Penmarch, avant une redescente pour contourner Belle-Île, et un redoutable passage par les Glénans avant de regagner Lorient.

Mieux vaut donc bien se connaître pour être au rendez-vous quand le tempo s’accélère, que les manœuvres s’enchaînent, que les choix de voile deviennent complexes et que la fatigue commence à brouiller les cartes (marines). Car en Mini, la moindre hésitation se paie comptant, et la fluidité du duo devient alors une arme décisive !

 

« On ne veut pas se mettre la pression, mais il y en a un peu quand même »

« On s’est bien entraînés ensemble, j’avais toujours eu envie de naviguer avec cette navigatrice talentueuse, sur l’eau on se comprend facilement et les choses se font naturellement, alors tout se goupille bien », confiait ainsi juste avant le départ Nicolas Le Coz, qui a choisi la navigatrice Aglaé Ribon pour binôme. Une décision plutôt bien inspirée, puisque le navigateur de VSF - PR LTTD Laiterie GC, qui porte les couleurs de l’association lorientaise Voiles sans Frontières, a pris un excellent départ, montrant d’entrée son envie de « jouer aux avant-postes, et aller taquiner les favoris ».

Et il aura fort à faire en série, notamment du côté du tandem formé par Margot Vennin et Thomas André, particulièrement redoutés par la concurrence. « Je l’ai choisi parce que c’est un très bon barreur, un très bon tacticien… expliquait la navigatrice de Kefeleg, qui ambitionne de devenir la première femme à remporter la Minitransat. J’ai hâte de confronter nos sensations, je suis sûre que je vais encore beaucoup apprendre, et ça va être une belle bataille ! »

Même choix stratégique de la Japonaise Naho Takahara, qui s’est associée cette année à Paul Cousin, gagnant de la Minitransat 2025 et… triple vainqueur en titre de la PLM ! « On ne veut pas se mettre la pression, mais il y en a un peu quand même… on aimerait bien continuer sur la lancée ! », assuraient les deux complices sur le ponton. Comme un clin d’œil du destin, les deux marins partagent d’ailleurs bien plus que le même cockpit : « On est nés le même jour, la même année. Notre anniversaire est la semaine prochaine… ce serait un beau cadeau à s’offrir ! »

 

« Baby clash » et foilers

Côté prototype, un autre duo sera forcément scruté de près… celui des doubles vainqueurs en titre Caroline Boule et Benoît Marie, alliés sur l’eau comme à terre ! Cinq mois après avoir accueilli leur premier enfant, les deux marins espèrent éviter le « baby clash » à bord du Mini Nicomatic, et vite retrouver leurs sensations de vol !

« C’est ma première navigation depuis l’accouchement, le bateau a connu un gros chantier cet hiver après la Minitransat de Benoît [finie en deuxième position, ndlr] qui avait fait des dégâts, donc il y a plein de choses à valider. De manière très humble, on va déjà essayer de se remettre en selle pour la saison », expliquait la navigatrice sur les pontons, quelques heures avant de prendre effectivement un départ prudent.

Mais leur Nicomatic - Petit Bateau devrait rapidement pouvoir allonger la foulée à mesure que le vent va se renforcer, promettant comme lors des deux précédentes éditions de faire parler toute la puissance de ses foils pour espérer décrocher les treize duos concurrents, dont le redoutable Xucla de l’Espagnol Carlos Manera, 2e de la Minitransat 2023, en tête à l’approche de Groix.


La famille, c’est sacré

Dans des conditions qui s’annoncent engagées, d’autres ont fait le pari de miser sur des valeurs sûres, et des duos plus qu’éprouvés… à terre du moins ! Deux pères et leurs filles, dont la benjamine de la course, Gabrielle Carpentier, 14 ans tout juste… mais aussi deux mères et leurs fils, qui plus est cousins, soit un beau record de quatre « Le Grelle » au départ de cette PLM 6.50 !

« C’est une logique de transmission. C’est elle qui m’a appris, alors maintenant que j’ai mon bateau, je suis content de pouvoir lui en faire profiter, explique ainsi Hugues Le Grelle, qui embarque comme l’an passé sa mère Daria à bord. C’est vrai qu’on n’est pas tout à fait le même quand on navigue avec sa mère, je dirais que je mets un peu plus les formes », sourit-il. « Tu ne m’épargnes pas quand même ! rétorque l’intéressée du tac au tac. Sur le départ l’année dernière, je n’ai jamais entendu autant de “allez maman” de ma vie ! » « Je l’encourage, c’est normal : elle est super compétitrice aussi, je ne tiens pas ça de nulle part », sourit le skipper de « Tous Receveurs », qui entend sensibiliser avec son Mini 6.50 au don d’organes. « Je sais qu’on va se donner à fond, et que ça fera un super souvenir. » Et pour la mère, l’émotion n’est jamais loin : « Quel cadeau de faire ça avec mon fils, c’est génial d’avoir des courses qui permettent de faire ça ! »